La méthode énergétique dite "Access Bars", ou "Bars d'Access", est, sur papier, plutôt prometteuse : elle permettrait de se désencombrer l'esprit et de se libérer des idées qui nous empoissonnent le quotidien et qui nous empêchent d'avancer. A la manière d'"une douche intérieure" emportant avec elle nos pensées négatives, elle se compare à la suppression salvatrice de vieux fichiers encombrants du disque dur d'un ordinateur, permettant de libérer de l'espace dans notre mémoire. Des répercussions positives se feraient alors ressentir sur notre bien-être psycho-émotionnel et/ou physique. La liste des bienfaits avancés est longue et variée: esprit plus clair, réduction du stress, amélioration du sommeil, apaisement des pensées obsessionnelles, renforcement de la confiance en soi, réduction des douleurs physiques, bien-être général du corps et de l'esprit, ...

Les témoignages glanés ci et là sur la Toile sont des plus alléchants: "J'ai l'impression d'avoir enlevé un vieux papier mural et d'avoir remis du neuf. Je me sens plus légère !", explique Marie, 35 ans. "Après 3 séances, je vois la vie en rose et j'ai moins peur en voiture", décrit une source anonyme. D'autres personnes avancent avoir retrouvé le sommeil, être "apaisée, plus zen", "avoir plus de recul face aux événements", ou être débarrassées de maux de tête ou de maux de ventre récurrents, ...

 
 

32 points sur le crâne

L' "Access Consciousness" est un processus énergétique mis au point par l'américain Gary Douglas au début des années 2000. Il existe actuellement 2000 praticiens dans plus de 50 pays. En Belgique, la méthode a débarqué il y a environ 5 ans et connait un essor récent. On compte dans notre pays une quarantaine de praticiens, certains sont psychothérapeutes, psychologues ou kinésiologues, d'autres le font en complémentarité de leur métier en entreprise.

Il s'agit d'activer, par un toucher doux, 32 points situés sur le crâne qui représentent chacun un thème bien spécifique (joie, guérison, gentillesse, contrôle, sexualité, vieillissement, argent, ...). "Ces 32 points activent des connexions électromagnétiques appelées "barres". Ces Barres® peuvent être comparées au disque dur d'un ordinateur. Elles stockent une vie entière de pensées, de croyances et de limitations. Quand celles-ci sont stimulées, elles permettent le démantèlement de vieilles filières qui perturbent le quotidien, en aidant à lâcher prises de ces croyances et limitations qui ne servent plus", peut-on lire sur l'un des nombreux sites vantant cette pratique. Voilà pour la théorie.

Intrigué, on a testé pour vous cette méthode énergétique dispensée par l'une des praticiennes belges. La séance est précédée d'un petit entretien avec cette "facilitatrice" ("facilitator", en anglais est le nom donné aux personnes habilitées à donner le soin et à l'enseigner) au cours duquel il est possible, mais pas obligatoire, d'évoquer certains aspects de sa vie pour pouvoir cibler au mieux les différents points crâniens.

Les idées plus claires

L'activation des "Barres" se fait ensuite au cours d'une séance d'environ une heure pendant laquelle on est allongé, tout habillé et recouvert d'un plaid douillet, sur une table de massage dans un espace zen. Le subtil effleurement des différentes zones du crâne commence, il va permettre - nous dit-on - la libération des mémoires, pensées, émotions, croyances, jugements accumulés au fil du temps. Ce toucher est très doux, parfois presque imperceptible. Au début, les mains restent de longues minutes sur la même zone de la nuque, on ressent alors une chaleur diffuse, avant qu'elles ne se déplacent lentement vers les autres points de la tête, s'y attardant plus ou moins longtemps. Par moments surgissent des flashs lumineux derrière nos paupières, comme si quelque chose s'était débloqué d'un coup dans notre tête. On est libre de rester silencieux tout au long du soin ou d'exprimer son ressenti.

 

Bien qu'une séance d'Access Bars® ne soit pas considérée comme un massage (les doigts ne bougent pas et il n'y a aucune similarité par exemple avec des mouvements d'acupressure réalisés lors d'un massage shiatsu), ni comme une séance de méditation même si elle encourage la pleine conscience, l'effet immédiat constaté est une détente profonde du corps et une réelle sensation de lâcher-prise, certaines personnes s'endorment même pendant une séance.

Une "transformation intérieure"

Après une bonne heure à être resté allongé, on ressent généralement, au minimum, une grande relaxation de s'être abandonné corps et esprit à des mains bienveillantes. On émerge de la séance les traits reposés (oui, presque avec le teint resplendissant d'un yoga skin) et les idées beaucoup plus claires, prêt physiquement et mentalement à affronter les tâches et autres obligations du quotidien, fort d'une énergie nouvelle.

Au mieux, certaines personnes se disent carrément "transformées" intérieurement après quelques séances grâce à l'élimination des pensées, sentiments et émotions parasites. La technique se faisant sans jugement ni intention de résultat, c'est souvent l'inconscient individuel qui appréciera le résultat obtenu après chaque séance. Aucune "révélation" de ce style cependant dans notre cas.

Des doutes ?

Notons aussi pour les plus dubitatifs que, Catherine Rochigneux, notre "facilitatrice", n'avait rien d'une charlatane. Agée de 50 ans, cadre à mi-temps dans une grande entreprise d'informatique, Catherine s'est tournée vers les théories de développement personnel à un tournant de sa vie, il y a une dizaine d'années. Elle a trouvé dans les "Bars d'Access" une façon de donner de son temps et de son énergie mais aussi de recevoir, et développe maintenant sa pratique. La discipline encourage en effet le partage en proposant des journées d'initiation pendant lesquelles "facilitateurs" et élèves apprennent à se dispenser mutuellement le soin.

La thérapie a cependant ses détracteurs. L'Express dans une enquête récente émettait des doutes sur cette "simple imposition des doigts sur les tempes pour tout soigner" mettant en garde sur ses dérives et les agissements peu recommandables de certains de ces "facilitators", assimilés à des gourous qui font payer rubis sur ongle leurs soins et enseignement. L'auteur et conférencier américain Gary Douglas qui a mis au point cette technique fut, par ailleurs, proche à une époque de l'Église de Scientologie, pour finalement s'en détacher et créer sa propre discipline. Des médecins mettent aussi en garde contre les promesses de guérison de la pratique, non adaptée à des patients qui auraient besoin d'une aide médicalisée plus que psychologique.

Si l'on fait abstraction de ces aspects un peu obscurs, cette bulle de douceur et de détente dans le tumulte de la rentrée ne peut en tout cas procurer que du bien, un petit plaisir rien que pour soi, plutôt accessible (en temps et en argent) et dont les bienfaits profiteront finalement à toute la famille.